Le ministère des questions inutiles se prononce!

Le double « v », que dans notre région on devrait, à l’instar de l’anglais, appeler double « u », est la marque de notre patrimoine linguistique qu’il soit dialectal, anthroponymique et toponymique.

Par chez nous, en effet, le « w » se prononce à l’anglaise (water, will) ou à la flamande (waar, wagen, weg), c’est-à-dire comme un « ou » bref et dur. Il ne peut, en aucun cas, être confondu avec le « v » comme cela se produit en français.

Des gens originaires d’autres régions de France (même de la proche conurbation lilloise) qui sont de passage ou qui viennent s’installer, ainsi que, par snobisme, des autochtones, prononcent « Vimereux », « Vissant » …

Halte ! Nous devons nous défendre et marquer notre différence en prononçant le double « v » tel qu’il l’a toujours été par ici. N’ayons pas peur, soyons même fiers de toujours prononcer les noms communs : wagon (oigon), wassingue (oissingue), les noms de famille : Watez (Oité), Walet (Oilé) et, bien sûr, tous les nombreux noms de lieux commençant par la lettre W.

Nous avons un avantage par rapport aux franco-français, celui de pouvoir faire la différence entre le « v » et le « w » et, donc, de ne point faire de faute d’orthographe à ce sujet.

L’hydronyme de Wimereux est attribué au cours entier de la rivière dont il porte le nom, de sa source à Boursin jusqu’à la mer. En réalité, Wimereux n’a jadis désigné que le lieu de son embouchure dont la proximité était occupée par des basses terres composées de prairies régulièrement inondées, traversées par la rivière qui se jette dans la mer. Jadis, entre le bourg de Wimille et le viaduc, le cours du Wimereux était très sinueux au point de former des méandres. Voilà pour le décor !

Le pays à peu près semi-circulaire d’un rayon d’environ 30 km autour du Bonenberg (Mont-Lambert) a été colonisé à partir du Ve siècle par des Anglo-Saxons qui y ont imposé leur langue.

Cette langue évoluera vers le Xe siècle pour s’apparenter au thiois (moyen néerlandais) qui sera l’idiome commun du pays jusqu’au XIVe siècle. On en déduit que tous les toponymes inventés jusqu’au Moyen Âge sont soit de couleur anglo-saxonne pour les plus anciens, soit thioise pour les plus récents. Il ne faut donc pas chercher à expliquer le sens des toponymes en d’autres langues que celles-là !

Le suffixe « euwe » correspond au moyen néerlandais « ouwe, auwe, awe (mnl) » = basse terre alluviale ou prairie inondable, traversées par un cours d’eau.

Ce qui donne pour Wimereux :

« Prairies humides de la Wime ».

Wimereuwe :

  • prairies humides de la Wime < hydronyme ancien Wime (génitif Wimer);
  • « euwe » (mnl ouwe, auwe, awe) = basse terre alluviale, prairie inondable, traversée par un cours d’eau [en patois on dit toujours Wimerawe].

Remerciements à notre ami Jacques MAHIEU, toponymiste pour ces lignes et aux Loukoums Givrés pour le dernier sketch des Journées du Patrimoine 2017.

Vers la vidéo du sketch

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